La gestion des temps pour lutter contre le travail au noir

Le secteur du nettoyage est, avec celui de la construction et de l’horeca, le secteur le plus souvent confronté au travail au noir. Pour lutter contre cette tendance, le secrétaire d’état à la lutte contre la fraude sociale et fiscale Philippe De Backer (Open VLD) propose l’enregistrement des temps. Un accord a été passé fin novembre 2016 en ce sens avec les syndicats et les associations d’employeurs du secteur du nettoyage.

Fraude sociale  

“46% des entreprises sont en infraction !” - SIRS

Le secteur de nettoyage est important en Belgique : il compte environ 1500 entreprises de toute taille. 50.000 personnes y travaillent dont 60% de femmes. Selon les chiffres du Service d’information et de recherche sociale (SIRS), 46% des entreprises contrôlées dans le secteur du nettoyage sont en infraction avec la loi sociale. C’est la raison pour laquelle Philippe De Backer a lancé un projet pilote dans lequel l’enregistrement des temps est obligatoire.

Enregistrement des temps obligatoire

Cette expérience avec la pointeuse commencera l’année prochaine. Le but est que les travailleurs de chaque entreprise « pointent » lorsqu’ils commencent à travailler et lorsqu’ils terminent leur journée de travail. Le système sera ensuite évalué et, à partir de 2018, toutes les entreprises de nettoyage devraient utiliser la pointeuse pour la majorité des postes.

Bien que l’enregistrement des temps soit souvent considéré comme dépassé, il semblerait qu’il soit toujours plus populaire auprès des entreprises. C’est surtout le seul moyen légal permettant la mise en place des heures de travail flexibles pour les travailleurs. Selon les dispositions légales, les horaires des journées de travail (début et fin) doivent être mentionnés dans le règlement de travail, tout comme les pauses.

En cas de temps de travail flexible, cette obligation ne peut être respectée. Afin que les services d’inspection approuvent le système d’horaires flottants, l’employeur doit fournir les garanties nécessaires pour le contrôle des prestations. Cela peut par exemple se faire avec les pointeuses et le logiciel de Protime.

Dans une étude d’Ortus, menée auprès de 600 professionnels RH, 96% d’entre eux ont indiqué que le travail flexible pourrait booster la productivité. Parallèlement, 59% estiment que le travail à domicile pourrait donner le même résultat. Les deux possibilités sont simples à mettre en place grâce à l’enregistrement des temps et un self-service RH. Grâce à cela, l’employeur n’a plus de tracas administratifs, les travailleurs sont plus motivés et la loi sociale est correctement suivie.

Sources : De Tijd 30/11/2016, Prikklok moet zwartwerk in schoonmaak tegengaan, Jasper D'Hoore - Sociale Inlichtingen en Opsoringsdienst: Sociale flitscontroles in de schoonmaaksector - Jobat: Glijdende werkuren wettelijk niet toegelaten - Jobat: Flexibel werken doet productiviteit toenemen - CLB: werk in de schoonmaaksector