Télétravail : clichés, expériences et bonnes pratiques d’une maman confinée

Protime Teletravail

Isolement social, jour 6…. L’heure pour moi de tirer un premier bilan de cette situation aussi exceptionnelle qu’inattendue.

En tant que responsable marketing chez Protime je m’estime chanceuse car j’ai pu bénéficier automatiquement des mesures télétravail puisque le système était déjà en place bien avant le début de la crise et je peux ainsi continuer à travailler. Chanceuse aussi car ma fonction n’est pas (encore) directement impactée par le ralentissement économique. J’ai de quoi télétravailler jusqu’au 5 avril en tout cas.
 Ce n’est malheureusement pas le cas de tous mes collègues, qui selon leur fonction, sont plus ou moins impactés avec une diminution drastique de leur charge de travail. C’est d’ailleurs dans de telles circonstances que la forte culture d’entreprise de Protime se manifeste le plus : notre département reçoit chaque jour des propositions de la part de ces collègues désireux d’aider et d’occuper leur temps de manière constructive et utile. Rien de pire en effet que de faire de l’occupationnel, surtout pour une durée aussi longue.

Maintenant que le Lockdown est en place pour une durée certaine (en fait pas si certaine que ça au vu de l’évolution de la pandémie), je prends le temps de partager mes premières impressions, réflexions et expériences. Elles sont surtout basées sur les différentes idées reçues et clichés que j’ai pu relever ces derniers jours.

#1 « Tu es en télétravail, ce sont les vacances avant l’heure ! »

Cette phrase qui, plus les jours avancent, résonne de manière de plus en plus stridente dans ma tête, je l’ai entendue à de nombreuses reprises. Pourtant, gérer ses 8 heures de travail avec un enfant de 2,5 ans à la maison dont je dois m’occuper à plein temps car son papa fait partie des professions (comme la sécurité ou la santé) qui ne peuvent pas télétravailler et qui surtout cumulent les heures supplémentaires pour faire face à l’urgence de la situation, ce n'est vraiment pas ma vision des vacances. A ce stade, ma charge de travail n’ayant pas diminué, je jongle donc entre mon ordinateur et ma petite fille. L’idée n’est vraiment pas de me plaindre mais de faire prendre conscience que nous ne sommes pas dans des situations habituelles de télétravail. J’étais habituée à ce mode de fonctionnement mais la fermeture des écoles (et de certaines crèches dont celle de ma fille) a tout changé.

#2 Télétravail et gestion des enfants : deux journées (en une) cumulées

Parlons-en de cette gestion du temps un peu particulière. Chez Protime nous bénéficions heureusement d’une grande flexibilité pour répartir nos heures de travail sur la journée voire la semaine, hors des horaires habituels. Il nous suffit d’encoder les heures prestées dans notre plateforme collaborateur. Mais cela implique évidemment des journées assez longues.

Pour ma part j’ai choisi de commencer à 7h quand ma fille dort encore (Eh oui, j’ai de la chance, elle dort plutôt bien). A son réveil je m’occupe d’elle entre le biberon et les petits soins du matin. Puis je poursuis ma matinée de travail. Je ne peux pas l’occuper bien longtemps donc quand midi approche, je me consacre à elle. Jeux ou promenade avant le repas. Si j’ai de la chance, elle fait une petite sieste l’après-midi, ce qui me laisse un peu de calme pour avancer dans mon travail. Mais au réveil, cela devient compliquer de gérer les deux. Quand cela devient impossible, je mets l’ordinateur de côté pour retrouver ma fille, gérer les tâches ménagères urgentes et c’est une fois qu’elle est au lit que je peux terminer ma journée de travail. Après toutes ces émotions, l’heure d’aller dormir sonne comme une délivrance.

#3 « Je vais en profiter pour me reposer et faire ce que je n’ai pas le temps de faire habituellement »

Comme je l’ai expliqué plus haut, la semaine ne me laisse que peu de temps pour cela. Mais, parmi les points positifs de cet isolement, le retour à des week-ends calmes, à la maison peut s’avérer agréable dans un premier temps (nous en reparlerons si cela devait durer…).

Là où habituellement le dimanche soir arrive tellement vite que je me dis que je n’ai pas eu le temps de faire la moitié de ce que je voulais faire, je vais pouvoir profiter du confinement pour me poser. Lire un livre ? Pourquoi pas cela fait tellement longtemps. Des balades au grand air ou tout simplement m’occuper de petits travaux à la maison que je reportais depuis de longs mois déjà. Je compte mettre ce temps à profit et revenir à l’essentiel : m’occuper de nous, de moi.

#4 « Je vais être coupée du monde et surtout de mes collègues »

Ma première crainte lorsque l’on nous a conseillé puis demandé de ne plus aller au bureau était de souffrir de l’isolement. Alors, certes, je vous mentirais en disant que je ne meurs pas d’envie de retrouver les discussions à la machine à café ou que je ne regrette pas nos réunions d’équipe mais je m’adapte et je trouve des points positifs à cette nouvelle façon de communiquer. Chez Protime nous avons mis en place des petites réunions journalières à 9h via notre plateforme de communication avec les membres de l’équipe pour faire le point. Le mot d’ordre est « branchez votre webcam ». Bien que réticente au début, cela permet finalement de garder un contact bien plus proche que la simple discussion téléphonique et cela donne parfois lieu à des situations cocasses comme lorsque ma fille vient « faire coucou » à la caméra. Une autre manière d’apprendre à connaitre ses collègues finalement !

#5 Mes conseils

  • Forcez-vous à prendre une demi-heure avant votre pause lunch pour aller vous aérer avec les enfants. Après une matinée cela leur fait un bien fou et à vous aussi. De plus ça ouvre l’appétit et surtout ça fatigue les enfants en bas-âge qui, dans certains cas, font encore une sieste. Vu la météo des derniers jours et ceux à venir, c’est d’autant plus agréable. Et si vous tendez l’oreille vous entendrez à quel point la nature reprend ses droits avec notamment les gazouillements d’oiseaux qu’on avait perdu l’habitude d’entendre ou auxquels on ne prêtait plus attention.
     
  • Accordez-vous du temps pour vous ! Que ce soit lors d’un jogging ou tout simplement en vous plongeant dans un bon bain, quand vous le pouvez laissez les enfants à leur autre parent ou si ce n’est pas possible, attendez qu’ils dorment. Personnellement mon jogging est le seul moment où je n’entends pas « mamaaaaaaan » et durant lequel je peux ne penser à RIEN !
     
  • Mettez vos principes de côté. Personnellement j’étais adepte de la télé avec parcimonie et jusqu’à maintenant cela fonctionnait plutôt bien car ma fille ne s’y intéressait pas. Croyez-moi, en ces temps particuliers je bénis les créateurs de l’âne Trotro, Tchoupi et autres dessins animés pour enfants. Je me console en me disant qu’il y a toujours une morale à chaque épisode… Cela ne vous laissera sans doute du répit que pendant un moment plus ou moins court mais cela vous permettra au moins de vous consacrer aux tâches qui demandent le plus de concentration.
     
  • Même si avec des enfants en bas-âge il vous est impossible de vous isoler dans votre bureau (si vous avez la chance d’un avoir un), je vous conseille de délimiter les espaces de vie et de travail. Installée sur la table de la salle-à-manger, j’ai toujours un œil sur ma fille qui a bien compris les consignes qui étaient « les jouets restent dans le salon ». Cela me permet de garder un espace rangé et agréable pour travailler quand mon salon se transforme en véritable plaine de jeux (le parallèle n’est même pas assez représentatif de la réalité).
     
  • Enfin, enfilez votre tenue de travail le matin. Il est tentant de garder son pyjama pour des raisons de confort mais lorsque vient l’heure des vidéo-conférences, cela devient un peu plus embêtant et surtout cela n’aide pas à se mettre en mode travail.

Sophie Henrion