Moins on travaille, plus on est productif ?

Cette semaine, certains médias ont publié les résultats d’études qui montrent que les travailleurs français sont plus productifs que leurs voisins britanniques alors que les premiers travaillent en moyenne moins que les derniers.

En tant que spécialiste de la gestion des temps et des solutions de gestion du personnel, Protime a mené l’enquête. Le cheval de bataille de l’entreprise étant l’augmentation de la productivité du travail, il nous tient à cœur de comprendre pourquoi certains pays semblent plus performants que d’autres en termes de travail.

Des chiffres à l’appui

Selon l’OCDE, la productivité française est évaluée à 60,3 USD par tête par heure travaillée tandis que celle des Britanniques s’élève à 47,4 USD*. Ce constat peut paraitre surprenant si on compare ces données avec le temps de travail moyen dans ces deux pays. En effet, le travailleur français à temps-plein travaille en moyenne 40,4 heures par semaine (heures supplémentaires incluses) tandis que le travailleur britannique travaille en moyenne 42,8 heures* par semaine.

L’écart se creuse encore si on analyse le temps de travail moyen sur base annuelle et sur base des temps plein ET temps partiels. En effet, le travailleur français (tous horaires et contrats confondus) travaille 1473 heures par an tandis que le britannique travaille 1677 heures* annuellement. Cela correspond à une moyenne de 37,5 heures par semaine pour le français et de plus de 42 heures* pour son voisin.

A la lumière de ces données, il semblerait donc effectivement que moins on travaille, plus on est productif.

* Source OCDE, chiffres années 2014 et 2015

Une tendance européenne ?

Le cas de la France n’est pas unique. Si on analyse les chiffres des autres pays européens, d’autres pays suivent la même tendance. Les Pays-Bas en tête avec une productivité de 60,6 USD par tête et heure travaillée pour un temps de travail hebdomadaire moyen de 30 heures (tous contrats et horaires confondus). La Belgique n’est pas en reste avec une moyenne de 37 heures travaillées par semaine pour une productivité de 62,2 USD. Sans en tirer de conclusion hâtive, il semble se dégager une tendance au niveau européen qui met en relation le temps de travail et la productivité.

Mesurer les effets de la flexibilité

Afin de vérifier cette hypothèse, analysons le cas de la Suède. En effet, ce pays nordique a mis en place il y a deux ans le système des journées de travail de 6 heures. Le pays table en fait sur le bien-être des employés pour améliorer leur productivité. Les résultats sont très encourageants : des sociétés comme Toyota qui ont mis le système en place dans leurs sites suédois constatent jusque 25% de profit en plus. Cependant, si l’on veut rester objectifs, il faut comparer les données de temps de travail et productivité issues de l’OCDE. Les données 2016 n’étant pas encore disponible, il faudra attendre 2017 pour pouvoir évaluer l’évolution de la productivité par tête ces deux dernières années. La Suède présentait en 2014 une productivité de 54.4 USD et sur base annuelle, les Suédois travaillaient plus que les français (1.636 heures contre 1473 pour les Français).

Flexibiliser le temps de travail mais pas seulement

Comment expliquer que les Britanniques travaillent de plus en plus mais que leur productivité s’effondre ? Les experts mettent en avant plusieurs facteurs : les inégalités salariales (les salaires ont à peine augmenté depuis 15 ans tandis que le nombre de contrats à durée déterminée a explosé entrainant une diminution nette des formations). Les travailleurs ne se sentiraient donc pas valorisés et comme ils sont moins bien formés, leur productivité diminue. Le temps de travail ne semble donc pas être le seul facteur de productivité … Le bien-être du travailleur en général doit devenir la préoccupation des entreprises. L’objectif n’est donc pas de travailler moins mais mieux.

Instaurer la flexibilité dans votre entreprise

Instaurer les horaires flottants ou encourager les temps partiels pour augmenter votre productivité vous tente ? Soyez prêts. Gérer la flexibilité de vos travailleurs va vous demander plus de suivi et de rigueur. Les outils de gestion des temps prennent alors tout leur sens grâce aux possibilités qu’ils offrent en matière de suivi des prestations et de planification.