La Libre en parle: Etre fier de son organisation

La Libre Eco Week-end, samedi 27 juin 2020, par Solange Berger
 

Nous avons tous envie d’être fiers de quelque chose : notre famille, nos talents sportifs, notre job,… "Si on est fier de son entreprise, on a envie d’en parler, on a envie de se lever le matin pour aller travailler, d’être engagé, note Peter s’Jongers, cofondateur et directeur de Protime. Créée en 1995, cette entreprise belge est spécialisée dans l’enregistrement du temps, la planification du personnel, le contrôle d’accès et la collaboration en ligne.
Cette fierté se base notamment sur la culture que l'entreprise a pu développer, comme le montre l’ouvrage de Peter s’Jongers, “Fierté!”(1) dans lequel il dévoile les bonnes pratiques développées chez Protime.

“Il ne s’agit pas d’une potion magique. Mais ce que nous avons réalisé chez nous peut être utilisé dans toutes les entreprises. On voit bien que la plupart des organisations n’investissent pas dans leur culture. or c’est un investissement rentable, plus que n’importe quel investissement dans des ressources très chères. Il est basé sur les ressources humaines qu’on a en interne."

Définir ses valeurs

"Toutes les entreprises ont une culture mais la plupart ne le savent pas". Certaines personnes me disent parfois : “Ah c’est cela. je n’avais jamais mis un mot dessus. Il faut d’abord la définir, voir quelles sont nos valeurs, ce qui nous connecte les uns les autres au sein de l’organisation. La culture c’est l’ensemble des pratiques et valeurs qu’on partage."

Pour définir ces valeurs, les entreprises doivent réfléchir à ce qu’elles sont, qui sont leurs consommateurs,… Quelle est leur vision (où je vais), leur mission (comment j’y vais). “S’il n’y a pas de lien entre la mission et les valeurs, cela ne marchera pas.” 

Une des premières étapes de la culture d’entreprise passe par le recrutement des collaborateurs. Chez Protime, le recrutement est émotionnel.

Nous ne recrutons pas un candidat pour son cv. ce qui compte c’est sa personnalité. Nous cherchons des personnes qui partagent nos valeurs et sommes très clairs là-dessus. Par exemple, nous allons parler de l’importance pour nous de la camaraderie. Si c’est quelque chose qui n’est pas imporant pour le candidat, nous préférons lui dire qu’il ne sera sans doute pas heureux chez nous. Si nous avons trouvé le bon talent, il n’y a plus qu’à le faire grandir. Si nous recrutons les bonnes personnes à la base, elles seront engagées, fières, parleront de Protime,… et recruteront elles-mêmes d’autres candidats." raconte Peter s'Jongers. 

Objectifs d'équipe et individuels

Ces talents sont donc tous liés par les valeurs, la vision et la mission Protime qui se déclinent à travers des objectifs d’entreprise auxquels ils participent mais aussi des objectifs d’équipes et individuels. Ils ont tous la possibilité d’être acteurs de la stratégie Protime et de sa réussite.

"Ils sont tous membres d’une équipe avec sa propre mission et vision qui servent le but poursuivi par Protime. Ces équipes sont gérées par des teamleaders qui vont veiller à aligner la mission de leur équipe sur celle de l’entreprise et surtout à donner à chacun le bon rôle et de la place pour grandir.
Le résultat de tout cela est la fierté qui est un facteur certain d’engagement. D’où notre recommandation d’investir dans la culture d’entreprise puisque cela s’avérera très vite payant car engagement rime avec productivité, c’est prouvé !"


Et il ne faut pas spécialement avoir un produit “sexy” pour susciter un sentiment de fierté. “C’est le cas pour l’enregistrement du temps, par exemple, même si on tient à préciser que notre métier c’est bien plus que vendre des pointeuses. La plupart des entreprises n’ont pas de produit sexy. ce qui compte, c’est ce qu’on fait ensemble.

Une culture qui évolue

La culture n’est pas figée. “Il ne s’agit pas d’une phrase reprise sur un panneau à l’entrée. Il faut qu’elle vive". La culture peut évoluer avec le temps car les valeurs elles-mêmes changent. “Nous avons changé nos valeurs il y a deux ans. La société a évolué en 25 ans. Au départ il s’agissait d’une start-up avce dix personnes qui travaillaient dans une maison et aujourd’hui nous avons plus de 300 collaborateurs répartis dans plusieurs bureaux en Belgique et à l’étranger. C’est sur que nous ne sommes plus les mêmes”, raconte Peter s’Jongers. 

“La construction de ces valeurs s’est faite dans le partage. Nous avons réalisé une grande enquête où tous les collaborateurs ont pu faire part de leurs propres valeurs. Nous avons fait un tri et avons voté. Quatre valeurs ont été choisies : la camaraderie, la collaboration, le focus sur les consommateurs et la croissance. La camaraderie, c’est vraiment quelque chose de très fort chez nous. Nous faisons énormément d’activités en dehors du boulot. cela peut paraître anodin or c’est vraiment une plus-value tant que les collaborateurs que pour les clients. C'est à moi et aux 30 Teamledeaders que nous avons, de faire vivre ces valeurs tout au long de l'année et de faire grandir nos talents à travers ces valeurs. La culture ne s'impose pas". 

(1) “Fierté ! Pourquoi faire de la culture d’entreprise un objectif stratégique” – Peter s’Jongers – Editions La Charte – 2020 – 170 pages. Il est disponible, en français ou en néerlandais via le bouton ci-dessous.